___Gabriel
Tu vois c'est ainsi que tout finit, il n'y aura pas d'autre bémol, aucune fantaisie future, les remords se sont cassés la gueule. Je sais que j'ai fait ce que je pouvais, je me suis battue comme j'ai pu contre l'adieu, et j'ai perdu, j'admets ma défaite, même si je ne la comprends pas. Nous nous sommes tirés dessus, l'un et l'autre, il n'y a pas de fautif, aucune victime, pas plus de coupable, juste deux êtres qui ne savent plus se retrouver. Si j'ai abusé de ton temps, j'ai perdu le mien quelque part, puisqu'un jour, je ne sais pas comment, j'ai cru que tu vaias arrêter de m'aimer pour ce que j'étais. Je te laisse toutes tes respirations, je te laisse ta liberté, tes colères et tes excès. Je n'ai plus rien à me faire pardonner, j'ai fait ce que j'ai pu avec ce que j'avais, et si ça ne te suffit pas, alors non je ne suis pas celle qu'il te faut. Je ne vais pas prétendre comprendre, je me suis perdue en chemin, j'ai imaginé que je comptais encore en voyant tes yeux briller certains soirs, je t'aimais à en crever tu sais, mais il y a eu une larme de trop, et je te hais d'être parti sans cesse pour toujours revenir. J'ai le sentiment amer que tu m'as réparée pour mieux me bousiller à nouveau. Mais non, je ne t'en veux pas. Je ne t'en veux plus. Je t'ai pardonné toutes tes faiblesses, toutes tes arrogances, et je m'en vais sans remord, ni regret. Tu n'es qu'un con si tu ne vois pas tout ce que j'avais à te donner encore, si tu penses encore que nous n'étions pas heureux parfois. J'ai passé avec toi les plus belles heures de cette année passée, des nuits au téléphone, en passant par ces instants dans tes bras, à refaire la vie quelque part ailleurs, jusqu'à ces minutes où je t'attendais au comptoir d'un café, une clope a la main. Tu sais, tout est si confus, il y a ce bonheur que nous pourrions partager, et cette haine que tu déposes dans mon coeur, il y a ce manque inévitable qui viendra te saisir, parce que tu es comme ça, il faudra du temps, pour s'oublier. Je te laisse les meilleurs souvenirs, et je pars. Bien sûr, parfois j'ai mal, les larmes se bousculent au fond, bien sûr, parfois je ne peux pas les retenir, mais tant pis, j'ai fait tout ce que j'ai pu. J'ai été faible certains soirs, mais si forte les jours d'après, j'ai tenu tête à mon orgueil, j'ai laissé de côté mes excès pour te dire combien je t'aime, Mais il faut que tu saches, tu as tord, et j'aurai aimé que tu me choisisses, plutôt que la solitude, les nuits à baiser sans amour et la vie d'un enfant seul. Tu veux du temps ? Tiens, je te donne toute la vie si c'est ce que tu veux. A jamais ou pour toujours, en espérant que tu ne t'obstineras pas à refuser d'ouvrir la porte au bonheur. A jamais ou pour toujours, merci d'avoir été celui-la.